guitare Part juillet aout 99
Titre: Big Ben à l'heure électrique.
Avec son quatrième album, à paraître en septembre, Ben Harper entame quasiment une seconde carrière. Plus électrique, mais toujours aussi zen, l'humaniste de L.A. revient sur ses trios premiers albums et s'expliquer sur ces rétributions qu'on disait douteuses.
Ton quatrième album sort en septembre. Comment parlerais-tu de "Welcome to the cruel world" retrospectivement?
Ben Harper: C'était un premier pas de taille, en ce qui concerne le songwriting, l'enregistrement, le jeu de guitare et la tournée; un premier pas réussi, à tous point de vue. Je considère en fait mes trois premiers albums comme un seul et même disque. Ils forment mon "premier" album. Ce sera sans doute la même chose avec les trois prochains, je les considérerais sans doute comme le second volet de ma carrière.
Qu'est-ce qui fait que ces trois albums sont liés?
Ben Harper: C'est difficile à exprimer, mais pour moi, c'est évident. Ce n'est pas quelque chose en particuler qui les lie, mais un tot. Ces trois disques pris ensemble sont un premier pas musical.
Quel sera le prochain?
Ben Harper: Je le découvre moi même, au fur et à mesure. Je ne dis pas "OK, ça c'est fait, maintenant je apsse à la techno", loin de là. Si tu prends The will to Live, Faded et Widow of a living Man, tu constates qu'elles sont toutes les trois très différentes. J'écris chaque chansondans un style extrênement différent d'un jour à l'autre. Ce n'est pas un choix, ce n'est que l'expression de mon inspiration quotidienne. Cet album sera également liés aux trois autres, ce n'est pas un changement radical ni une séparation, mais c'est le premier album de ma seconde trilogie! Il m'a fallu ces trois albums pour faire sortir ce que j'avais à dire.
Qu'est-ce que te donne " la volonté de vivre" ("the will to live") chaque jour?
Ben Harper: Je suis heureux d'avoir une nouvelle journée devant moi, de me lever et d'en apprendre un peu plus tout les jours. Ca passe par beaucoup de choses; ma famille, la musique, mes amis, ou tout simplement l'excitation de la vie. C'est un monde dingue, vraiment dingue, proche du désastre. Toute personne qui fait face à la vie est extrênement courageuse. J'admire ceux qui le font, et je veux faire partie de ces gens qui affrontent la vie de façon courageuse.
C'est quoi, "une façon courageuse d'affronter la vie"?
Ben Harper: Essayer de regarder à l'intérieur de soi, de grandir, de comprendre les gens.
As-tu sentiment d'avoir vieilli?
Ben Harper: Je crois au contraire que j'ai rajeuni!
En termes de créativité, est-ce que tu penses que le meilleur reste à venir pour toi?
Ben Harper: J'ai effectivement l'impression que le meilleur reste à venir, mais c'est difficile à dire, c'est quelque chose de si intangible, de quasi impossible à contrôler.
Tu as déjà pensé au fait que cette créativité pouvait décliner?
Ben Harper: Je n'y ai jamais vraiment pensé avant. Même en cas de déclin, il reste toujours des choses interessantes à chanter, mais avec une niveau d'energie moindre. Tu peux tout à fait écrire des choses uniques sans être au top de la créativité. Parfois quand tu te mets à écrire, rien ne vient. Et puis si tu t'y tiens assez longtemps.... Le manque d'inspiration est une forme d'inspiration unique. Ca te pousse à creuser au fond de toi pour trouver quelques chose qui n'aurait jamais fait surface si tu avais posé ton stylo.
Où est-ce que ta musique puise sa source?
Ben Harper: Partout. J'écoute toutes sortes de musiques, et pas seulement en critique, mais en essayant de comprendre ce qui s'y passe, comment elle est structurée. J'essaie de faire preuve d'ouverture d'esprit, car on apprend beaucoup plus de cette façon. Si c'est de la musique que je n'aime pas, ça ne m'ennuie pas de l'écouter, parce que, qui sait? Il peut y avoir de bonnes idées, même les mauvaises chansons contiennent de super rimes parfois, ou de bonnes trouvailles. J'essaie de prendre la musique comme elle vient, bien que mes racines soient résolument blues, et aussi gospel, reggae, rock.....
J.P.Plumier fait la production sur ton nouvel album....
Ben Harper: Oui, c'est mon "George Martin"
Il est donc largement responsable de ton son....
Ben Harper: Absolument. Il a des idées géniales, il comprend la musique et les différents styles dans lesquels j'écris, il est fans de cette diversité tout comme moi, Reggae, country, Blues folk.......
Comment est née votre amitié?
Ben Harper: Je l'ai rencontré dans le Inland Empire, là où j'ai grandi, il était à la fac. Il y a une scène musicale importanten là-bas, et on en faisait partie tout les deux. Je l'ai rencontré pour la première fois quand j'avais dix ans. Mes grands parents avaient un magasin de musique dont il était client.
Des invités sur ton prochain album?
Ben Harper: Tyrone Downie, le clavier des Wailers, et David linley, un guitariste slide qui joue également de toutes sortes d'instruments; fiddle (violon trditionnel) banjo, mandolime.... Il joue sur tout ce qui a des cordes.
On te connaît comme l'homme à la Weissenbonr. Y a-t-il d'autres guitares dont tu joues?
Ben Harper: Oui, toutes sortes de guitares. Des Fender Strat et tout un tas de vielles guitares "lap slide", plus d'autres guitares électriques.
Tu t'es donc mis à l'électrique?
Ben Harper: Ca fait trois ans, maintenant. Glory And Consequences (sur The will to vie") a été le point de départ.
En quoi le feeling est-il différent?
Ben Harper: Tant que tu arrives à tirer une émotion profonde d'un instrument, tu peux taper sur un couvercle de poubelle et ça va sonner.
Tes Weispnborn commencent à êtres fragiles, non?
Ben Harper: Oui. Elles sont maltraitées en tournées. Je possède quelques modèles customisés, un peu plus solides, de conception différente, donc avec un son différent. J'ai une nouvelle guitare, une Ashes, fabirquée par un luthier de Santa Monica. Elle est semblable à la Weissen born, mais en version "solid body",bien qu'il y ait toujours des caisses de résonnance. Je la fait passer par une pédale vintage Ibanez Tube Screamer... Je suis toujours en train d'exérimenter, je n'ai pas de combinaison définitive, j'expérimente en studio pour trouver le meilleur os.
C'est comment une journée de studio, avec Ben Harper?
Ben Harper: les bons jours, on arrive au studio à une heure, et on commence à enregistrer à une heure et demis. Dans les mauvais jours, on mange, on discute, on raconte quelques conneries, on joue au basket pendant une heure on regarde L.A. Lakers à la télé, et on commence à enregistrer vers sept huit heures. Ca, ce sont les jours les plus lents.
Je suppose que de bonnes choses ressortent de ces jours-là aussi.....
Ben Harper: Bien sûr, les meilleures, même.
Quels sont les nouveaux groupes qui ont attiré ton attention?
Ben Harper: Il y a un groupe à Austin, Won Sasto Condo. Tu en entendra parler bientôt! Je les ai rencontré il y a six mois, ils devraient arriver chez vous d'ici quelques mois. Souviens-toi de ce nom, ils devraient frapper fort! Ils font un truc entre Jeff Buckley et Soundgarden. Il y a un autre groupe, Government Mule, ils sont phénoménaux. Le guitariste est celui des Allman Brothers, Waren Haynes, il est vraiment le meilleur guitariste au monde. C'est un groupe fabuleux. Ils jouent un mélange de soul, de gospel et de rock.
C'est difficile d'être un rebelle sans être démagogique?
Ben Harper: Ca peut être un piège, mais pour moi, c'est un feeling, c'est quelque chose que j'ai besoin de dire, et je peux le faire au travers de la musique.
Tu as dit une fois: "C'est une chose de dire "the times, they are a-changing", mais c'en est une autre de changers le temps" Tu as l'ambition de changer les temps?
Ben Harper: Voilà un bon exemple de piège. Il s'agit de rester fidèle à soi même, à la personne que vous devez être sur cette terre.
Toi qui as toujours affiché une certaine distance par rapport à ta popularité, n'as-tu jamais ressenti que le succès pouvait être un piège?
Ben Harper: Ca peut l'être, si tu ne garde pas les yeux ouverts et que tu ne surveilles pas de près ton business. J'ai été assez frustré quand la télé française a dit que Ben Harper se trouvait parmi les gens qui se faisaient payer pour aller à des parties. Ce, c'étaient vraiment du journalisme irresponsable! C'étais effectivement une fête, mais je venais faire un concert! Je gagne de l'argent pour faire vivre ma famille, mon groupe, mon équipe, parce que j'ai une équie de quinze personnes qui travaillent avec moi! Evidement qu'on me paie pour donner des concerts! Mais ils n'ont fait aucune rechercher, aucune vérification, ce qui est très frustrant! Si quelqu'un se fait pour aller a une fête, qu'est-ce que ça peut foutre?! J'imagine qu'il y a des gens qui sont payés pour se montrer, mais si quelqu'un te file 20 000 dollars pour aller faire la fête,tu manges et tu vas te coucher? Où est le problème? La façon dont je gagne mon fric, ça me regarde, tu vois ce que je veux dire? Personne n'a à se mêler de ça, et même si je me faisais payer pour aller quelque part, et alors? Who cares? En plus j'ai joué un set acoustique à cette fête. Ce reportage n'a pas été fait sérieusement.
Tu as des conseils à donner pour jouer Jah Work?
Ben Harper: Cette partie est jouée par Alan Anderson. Il y a une ligne de guitare à douze cordes et une autre à six cordes. Il faut écouter attentivement, je suppose, mais c'est une super ligne de guitare. Ca doit être assez facile à repiquer.
Propos receuillis par Sandra Salazar pour guitare Part juillet aout 99