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Culture

vendredi 24 septembre 1999, 9h50

Ben Harper- Burn to shine

Avec "Welcome to the cruel world" et "Fight for your mind", Ben Harper faisait les présentations. Il nous initiait à son univers à
travers deux albums accoustiques intimistes. C'était le Ben Harper de l'Ouest, fan de skate, originaire de Los Angeles. Avec
"The will to live", il est sorti de son cocon pour s'ouvrir au monde, explorer d’autres musiques.
"Burn to shine", son 4ème et dernier album, continue dans cette voie. Douzes chansons qui nous proposent un véritable voyage
dans le temps, une visite guidée de la musique de l'Est et du Sud des Etats-Unis. Le premier et le dernier titre ("Alone", "In the
lord's arms") nous rappellent l'ambiance des westerns de Sergio Leone, nous entraînent au temps de la guerre de Sécession,
déjà suggérée par la pochette du disque. Des déserts des années 1870, on passe à la Louisiane des années 30 grâce à "Suzie
Blue", un hymne au blues et aux orchestres jazz de l’époque. 30 ans plus tard émerge la vague soul des Percy Sledge et autres
Ottis Redding, auxquels Ben Harper rend hommage avec "Show me a little shame" et son orgue caractéristique. Un petit tour
par les rythmes funk des années 70 ("Steal my kisses"), le rock à la Dire Straits des années 80 ("Burn to shine"), et nous voilà
arrivés à la fin de notre excursion, avec de gros sons éléctriques modernes, des riffs de guitare que n'aurait pas renié Metallica.
La voix de Ben Harper est toujours là, sauvage et suave. Ses textes aussi, des chansons d'amour inspirées aux messages
mystiques. Mais sa musique, elle, évolue. Plus écléctique et éléctrique que jamais, c'est un voyage sonore, mais aussi une visite
historique à laquelle se livrent Ben Harper et ses criminels innocents.

Tinmar C